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Jean ROULLAND Jean ROULLAND Les bronzes et les grands pastels de Jean Roulland nous confrontent à une déshérence de l’humanité. Originaire du nord de la France, où il vit et travaille près de Calais, l’artiste cherche l’homme dans sa nuit, l’arrache à sa gangue originelle.
Héritier de Rodin, - il obtient le prix Rodin en 1972 -, il construit dans le volume et anime les plans par la lumière, mais se libère de son illustre modèle en s’imposant une économie de moyens qui l’amène naturellement à une exactitude des expressions et des attitudes. L’humanité de bronze de Roulland ne flatte pas le regard. Egaré dans un monde qui lui est hostile, l’homme hurle sa souffrance. Mais son cri est un cri d’amour. Les terres cuites ont la vérité de l’immédiateté de sa vision. De la même manière, il quête ses formes insaisissables avec le pastel. Dans la terre, la tension figée sera transmise par le bronze qui « laisse le plus de place à l’imaginaire », dit-il, tandis que de la poudre de couleur naissent des visages dessinés avec ferveur et un acharnement pour les faire sortir du néant, du vide de la feuille blanche. Plus intimes, les pastels exercent une égale fascination.
La vivacité contrastée des couleurs, l’énergie du trait répétitif et haché pour suggérer le volume exorcisent les forces des ténèbres. Un face-à-face qui fait de Roulland ce « voyant »revendiqué par Rimbaud.
Lydia Harembourg, 2008.
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